De Friedman à Rosanvallon

En décembre 2018….!

De Friedman à Rosanvallon…

De l’utilité des économistes.
vendredi 28 novembre 2014
par Collectif TRANSVERSEL


Ils n’étudient pas seulement des statistiques justes pour faire des prévisions erronnées… les économistes peuvent alimenter des idées neuves et leurs textes conforter nos orientations alternatives.

Le capitalisme dévoyé

- Jadis, trois libertés fondaient l’idéal capitaliste de M. Friedman (1). Aujourd’hui, la vie sociale est gangrenée par le monopole spéculateur. Désormais, c’est dans les associations volontaires que P. Rosanvallon (2) situe la recherche obstinée d’une nouvelle « solidarité d’humanité ».

Nous avançons que les groupes SEL, en France, initient un libertarisme économique original. L’écoocivisme, s’il parvient à se structurer, à s’organiser, en sera le prolongement indispensable.

La crise morale et politique s’étend, insidieuse. Tous pourris… résume la lucide et amère clairvoyance populaire. Elle se traduit par l’abstention électorale.

Les faux-remèdes politiques fleurissent sur un terreau de taxation. Un revenu universel d’existence ne serait que charité administrativement organisée. Une taxe dite Tobbin ne serait qu’une obole quasi-indolore versée par le capital errant pour prix du laisser-faire, du blanc-seing, concédé par le Politique à la Spéculation.

L’impossible solidarité est soumise au business. Les fonds éthiques, le bénévolat institutionnalisé et le charity-system bénéficient aux tutelles boursico-bancaires. Emmaüs se heurte à la grande distribution. Le Bio est sous contrôle. L’indispensable distribution des repas du cœur sélectionne et restreint le nombre de « bénéficiaires ». Faites vos jeux, rien ne va plus.

Les libertés introuvables

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Trois libertés (individuelle, économique, politique) préoccupaient, en 1963, M. Friedman. Il affirmait alors (1) …une société socialiste ne peut être démocratique si être démocratique c’est garantir la liberté individuelle. Il ajoutait Dans une société libre, le dispositif économique joue un double rôle. D’une part, la liberté économique est elle-même une composante de la liberté au sens large, si bien qu’elle est une fin en soi. D’autre part, la liberté économique est indispensable comme moyen d’obtenir la liberté politique.

- La liberté individuelle pour chaque humain, où qu’il se trouve, où qu’il aille, confirme la vocation à l’universalité de la prétention démocratique. Aussi longtemps que la liberté individuelle, y compris en matière économique, sera incomplète, la démocratie restera inachevée, donc faible.

- Liberté économique et liberté politique sont inter-dépendantes mais posent problème. M. Friedman doutait du mariage heureux entre capitalisme et liberté démocratique : …le capitalisme de concurrence est une condition de la liberté dans une société organisée grâce à l’échange volontaire…, mais il se peut …qu’à un régime économique fondamentalement capitaliste ne corresponde pas un régime politique de liberté… Depuis, le capitalisme de concurrence est devenu capitalisme de monopole.

- Les libertés capitalistes (entreprendre, contracter, investir…) sont vouées, de nos jours, à capter le profit exigé par la Spéculation anonyme pour être finalement ré-investi, via le F.M.I, dans une prise de contrôle des Etats-nations. Lorsqu’aucun administré ne pourra plus échapper à une soumission légalement imposée, la coercition du monopole économique sera devenue dictature politique. L’institution de l’OMC est une nouvelle étape de ce processus.

- Le monopole, (épineux problème) était localisé par M. Friedman, en 1963, dans l’armée ou dans l’Etat totalitaire moderne : …les problèmes peut-être les plus épineux sont posés par le monopole – qui paralyse la liberté en déniant aux individus la liberté de choisir -, et par les « effets de voisinage » sur les tierces parties… L’exigence de profit spéculateur est la quintessence du capitalisme de monopole.

- La loi et l’ordre étaient jadis partenaires du capitalisme de concurrence. M. Friedman recommandait de maintenir la loi et l’ordre si bien que la coercition physique exercée par un individu sur tel autre soit impossible et que les contrats volontairement passés soient respectés… Nos systèmes démocratiques ont été fondés sur ces exigences anciennes. La Spéculation, désormais, n’a que faire de la loi et de l’ordre. Hors-la-loi, mondialisée, elle gère, de crise en crise, toutes les ressources naturelles et l’activité humaine… ! Le Business anonyme règne, basé off-shore sous pavillon de complaisance, avec Violence, Spéculation et Corruption. Ce triste ensemble menace l’existence même du genre humain.

- Exigence solidaire. L’organisation associative prend corps social, chez P. Rosanvallon (2) lorsqu’il examine plutôt …les formes de la souveraineté du peuple que celui de son étendue. Une étude approfondie du domaine où elle s’applique devrait traiter des associations volontaires, des corps intermédiaires, de ce que l’on nomme, dans la sociologie politique américaine, le « capital social », c’est-à-dire la capacité d’action collective des citoyens… Ce serait donc au monde associatif d’initier l’alternative. Il serait désormais le refuge menacé de la part d’imagination éternellement en charge du devenir de l’humanité. L’Économie Solidaire s’immisce en politique. La solidarité, apanage naturel de l’économie, (le semeur, le boulanger, nous…) est dévoyée, contrainte, mais resurgit dans le capital social associatif, comme lave au volcan. En marge du monopole spéculateur, les Associations maintiennent vaille que vaille la solidarité dans l’activité. L’Économie Solidaire occupait, en France, un modeste strapontin ministériel. En réalité, l’entraide, cette menace pour le profit spéculateur, n’est légalement autorisée, en France, qu’en famille, ou entre paysans. Elle n’est judiciairement tolérée qu’entre amis de longue date… ! (3)

La thèse écoocivique est qu’il n’est plus possible de soutenir à la fois « la croissance » du profit spéculateur, la démocratie et l’exigence naturelle de solidarité. La solidarité d’humanité de P. Rosanvallon amorce …une réflexion sur ce que pourrait être une nouvelle conception de la démocratie, rompant avec les schémas du passé (et dépassés)

Nous retenons de cette analyse … »que la nation ouverte a un bel avenir, que la solidarité d’humanité qu’il préconise passe par une démocratisation institutionnalisée et progressive de la société mondiale »… Cette solidarité d’humanité fait appel à …des notions de démocratie industrielle – destinée à démocratiser l’univers autoritaire et hiérarchique du pouvoir économique et social – et des espoirs plus récents du socialisme autogestionnaire, – réaction contre la culture politique dominante

La culture politique dominante peut-elle évoluer ? Un large panel de totalitarismes corrompus dirige la plupart des pays de la planète tandis que nos systèmes démocratiques sont fondés sur d’anciennes bases aujourd’hui obsolètes depuis que le capitalisme de concurrence est devenu capitalisme de monopole. Un problème incontournable reste posé à toute conscience politique sincère : il concerne l’exigence de liberté économique. Non pas la liberté que revendiquent les possesseurs de capitaux et les décideurs mais celle dont devrait disposer chaque citoyen, chaque être humain disposé à agir pour survivre sans avoir à emprunter.

La liberté individuelle, démocratique, mondialisable, de M. Friedman, comme la démocratisation institutionnalisée et progressive de la solidarité d’humanité de P. Rosanvallon, éludent l’exigence de liberté économique, vecteur (fusée porteuse) de la liberté politique. La culture politique dominante est prisonnière ou complice de cette soumission au libéralisme boursico-bancaire.

Cette soumission semble politique ; elle est avant tout culturelle. Chacun d’entre nous, directement, peut donc changer de cap.

Un libertarisme monétaire original existe, sorte de refuge pour cette exigence de liberté économique citoyenne. Il inspire, depuis quelques années, l’émergence des LETS anglo-saxons, des SEL en France, d’Ithaca aux USA… L’Argentine confirme cette voie.. Dans cette « mouvance » pacifique et populaire, l’esprit associatif échappe aux contraintes du profit prioritaire. Les échanges y sont librement négociés en monnaies locales (clous, pavés, grains ou sourires…) sans agios et sans intérêts. Réseaux socio-économiques locaux, autonomes, les SEL suscitent et comptabilisent de libres échanges, des engagements de réciprocités transparentes. Citoyens, militants, les adhérents SEL gèrent à la fois compte en banque et compte en grains. Certains manifestent à Seattle, à Davos, à Nice ou Evian lors des grands-messes du pouvoir.

Mais, les SEL, combien de Divisions ? dirait M. Greenspan… Wall Street n’a pas à craindre ces groupes égocentrés bien incapables de revendication et d’actions concertées. Leur impact sociétal reste marginal.

Ils forment, au mieux, une mouvance-mère, nourricière, génitrice de fratries monétaires autonomes, de monnaies prolétaires autoprocrées. Entre Selistes consentants, le Lien et le Don sont le plus souvent monnaies courantes. Reste à tirer leçon de ces pratiques, à tracer une perspective idéologique pour une voie politique nouvelle ouverte aux gens de bonne volonté. Alors seraient possibles la mondialisation démocratique et la solidarité d’humanité sans avoir à affronter au préalable le monopole monétaire du libéralisme prédateur.

Une alternative économique, solidaire, doit être mise « sur le marché », face au monopole spéculateur… Symbolique, l’originalité des SEL ouvre la voie. Leur insoumission monétariste initie un processus opérationnel, volontariste, de ralliement associatif pour une tranquille reconquête de la … »liberté économique indispensable comme moyen d’obtenir la liberté politique« …

Un projet démocratique clair, fédérateur, devrait fonder une nouvelle intégrité politique, obtenir une forte contribution intellectuelle, opérationnelle et humaine du militantisme associatif, engager (et non pas mobiliser) le sponsoring civique capable d’assumer le nécessaire soutien financier, en monnaie officielle (ci-devant seule légale), sonnante et trébuchante.

A nouveaux droits, nouvelles lois. Le poids d’un tel élan associatif, relayé en politique, serait, chemin faisant, capable d’engendrer de nouvelles orientations institutionnelles et mener à une refondation républicaine sur un nouveau pacte constitutionnel. La restauration des trois libertés (individuelle, économique et politique) est à la clé. Pour transcender les cycles des temporalités plurielles, celles des pouvoirs judiciaires et législatifs, il lui faudra passer du stade des mécanismes de régulation à celui de la mise en institutions.

Le fait précède la loi. Pourquoi dépenser une inutile énergie à vouloir abattre ou juguler la forme spéculatrice, déjà obsolète, du capitalisme… ? Il ne s’agit que de délaisser (le moins progressivement possible) un monopole néfaste pour instaurer de manière volontariste et faire respecter légalement de nouveaux droits économiques universels, à savoir :

-la libre promotion de systèmes économiques différents et variés, -la libre création et l’autogestion de monnaies locales citoyennes, -la libre adhésion de tout individu, association, communauté, à l’organisation économique et monétaire de son choix.

Il ne faut pas être devin pour savoir que les obstacles monopolistiques seront nombreux, mais en toute bonne logique de libre concurrence, les meilleures options gagneront.

La spéculation mondialisée n’est pas une fatalité.

-Le libertarisme économique est digne d’un berceau français (Allons enfants…). Le peuple résistant, théoriquement souverain, est toujours le grand absent de la démocratie.

-La souveraineté populaire …« qui obsède la philosophie politique depuis la Révolution »… reste à vérifier, à édifier.

-Les résistances actuelles sont non-violentes, écologiques, spirituelles, à la différence des Résistances du passé. Elles peuvent désormais être conçues et vécues démocratiquement comme construction sociétale sans frontières (celle d’une Démocratie Solidaire Globale…) et comme construction de l’Histoire, cette vision collective forcément imaginaire, qui est le propre de l’espèce humaine. (4).

L’ensemble de ces considérations conforte le projet écoocivique.

- Références :

-(1) Capitalisme et Liberté de Milton Friedman, 1963 in Le Monde des Débats, dec. 2000, p. 23.

-(2) La démocratie inachevée de Pierre Rosanvallon, Gallimard 2000, ibid, p34.

-(3) Procès contre SEL PYRÉNÉEN. – (4) voir Ed. BOND, Le Monde Diplomatique, Janv 2001, p. 26/27.

Tout ce texte a été mis en ligne sur notre site : Transversel.org

il reste au goût du jour en décembre 2018….Bonne lecture à Tous.

Daniel D.

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Remplir le silence…Avec Albert Dieu…

Remplir le silence …

Et surtout , bien sûr , vous n’oublierez pas , bien entendu , de vider la poubelle en sortant. Tout cela faisait , bien entendu parti du discours rassurant et pour cela était inclus dans le livre des consignes de sécurité de l’établissement socio-culturel du village.
Il est certain qu’à l’époque actuelle où nous vivons et surtout , vu tous ce qui se passait depuis plusieurs mois un peu partout dans nos campagnes et en particulier autour de cet édifice, il fallait bien entendu comme on le dit souvent : « remettre les pendules à l’heure…! »
A cela s’ajoutaient surtout les invraisemblables tags qui recouvraient le moindre espace libre laissé sur les murs aux alentours, ce qui faisait que tout cela commençait à hanter les nuits et les journées bien calmes des habitants.
Les discussions allaient bon train et remplissaient volontiers tous les échanges sur le sujet, en amenant progressivement à la question de plus en plus urgente: « Faudra-t-il fermer définitivement cette maison des Jeunes, de l’Art et de la Culture..?
D’ailleurs le problème des tags n’était en fait qu’un détail dans cette histoire, car le vrai problème résidait surtout dans les concerts dominicaux , qui chaque samedi empêchaient tout le voisinage de dormir et qui, de ce fait remplissaient largement les nuits des administrés, même si ceux-ci en avaient toujours rêver de remplir leur silence.
Alors la question reste en l’air : « Qui aura les c…..s de la fermer un jour?
Sur ce point précis : SILENCE TOTAL…!

Et si l’on se disait tout…! Suite avec Daniel Fargeas… Souvenirs.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Fargeas

Daniel Fargeas est un écologiste né en janvier 1934 et décédé le 26 juillet 2009 à Perpignan.

 Il est connu dès les années 1970 parmi les néo-ruraux pour avoir écrit et publié des fiches écologiques2, soit environ 40 000 pages de solutions pratiques sur les thèmes de l’écologie, l’énergie, la santé, 3.

Il a travaillé sur le thème de la création de l’argent et du crédit.

Il a favorisé la venue du Système d’échange local (SEL) dans les Pyrénées-Orientales en 1995 et il a inventé le Jardin d’échange universel (JEU) en 1998, système qui a commencé à être utilisé au Québec, en Estrie, l’année suivante.

http://sel.leforum.eu/t371-Deces-de-Daniel-Fargeas-le-promoteur-du-JEU.htm

Daniel Fargeas est décédé dimanche soir le 26/7/2009, après avoir subi une intervention chirurgicale au niveau du coeur ; il avait été soigné ces dernières semaines pour une infection rénale, qui s’est étendue jusqu’au coeur.

Daniel avait consacré sa vie à l’établissement des Fiches Ecologiques.

Il avait beaucoup travaillé à démythifier la création de l’argent et du crédit. Les derniers temps lui ont donné raison.

Il était aussi celui qui a favorisé la venue du Système d’Echange Local dans les Pyrénées-Orientales (66), en 1995, et qui avait lancé le JEU (Jardin d’Echange Universel) en 1998.

Marie Labesse

Merci Marie pour ton témoignage.

Pour ma part j’ai rencontré pour la première fois Daniel Fargeas en septembre 1995 en Ariège, et celui par qui j’avais découvert une autre facette de l’écologie , grâce à ses fiches écologiques resta jusque la fin un grand ami. J’ai eu l’occasion en octobre dernier de passer une semaine avec lui, au retour de son malheureux procès à Paris qui l’a beaucoup attristé. C’est à partir de ce moment là qu’il fut très meurtri par l’image de cette société consommatrice ne laissant aucune place aux alternatives.

Le J.E.U. continuera et deviendra un moyen d’échange et de Vie.

Merci Daniel F. de l’avoir inventé.

Daniel Delarasse.

http://transversel.org
_________________
« Toujours AGIR sans modération, LIBREMENT… »
Dans l’intérêt de tous.
Et passer au dessus des obstacles potentiels.

Merci  pour ce souvenir auprès des ami(e)s et de la famille de Daniel Fargeas.

L’Ange et le dessin du champignon…Et si l’on se disait tout aujourd’hui 15 octobre

 

L’ange et le dessin du champignon.

By François Plassard/Toulouse
dimanche 16 septembre 2018
par websel
popularité : 16%

 

Un texte classé premier depuis sa parution sur notre site TRANSVERSEL…à lire et à relire bien sûr.

Réfléchir à la manière de présenter aux autres anges tout ce qu’il avait vu en si peu de temps de ce côté de l’Univers méritait bien une petite halte ! Ce n’est un secret pour personne : les anges sont des experts en conscience.

Mais moins de gens savent qu’il existe un Observatoire de l’évolution de la conscience de l’Univers ( O.C.U). et que dans ce domaine aussi il est question d’examen, de seuil à franchir, d’évaluation, de rapports de synthèses.

Pour le rapport d’étape justement se dit l’ange, il me faut une image. Comment rendre compte, que de ce côté de l’Univers, les humains-terriens ont fait le choix de privilégier un mode particulier de l’échange : celui qui donne un repère unique à toute chose échangée qu’ils appellent l’ « argent » ? « Ce qui ne se compte pas en argent, ne compte pas ! » avait entendu dans son voyage des milliers de fois, l’ange. GIF - 12.9 ko L’ange eu une idée :

il dessina un champignon ! Avec du charbon noir, il barbouilla 800 petits carreaux de son cahier d’écolier, pour faire apparaître la face supérieure du chapeau du champignon. Comme les anges se déplacent aussi vite que la lumière, il alla vérifier dans les rapports du P. N. U. D. : Programme des Nations Unies pour le développement, si son évaluation était à peu près juste : « 780 milliards de dollars de dépenses d’armement pour l’année 1998 »

— « C’est donc bien cela ! » se dit l’ange, en inscrivant le chiffre « 800 » sur les 800 carreaux de la face supérieure noire de son champignon.

Au fond de sa poche l’ange trouva quelques morceaux d’argile rouge prélevés sur des terres nues desséchées par le vent et le soleil.

Il barbouilla ainsi 400 carreaux qui prirent ainsi une couleur flamboyante à la lumière de la lune . Ce sera pour expliquer les dépenses en papier, ordinateurs, télévision, satellites… que les hommes consomment pour échanger des mots sur leurs maux, se dit l’ange.

En feuilletant le rapport du P. N. U. D., l’ange fut surpris de voir que la consommation planétaire de stupéfiants était évaluée en 1998 à 400 milliards de dollars. La même somme aussi pour le marché de la publicité, cet art de détourner le désir, la création, la liberté vers le besoin marchand ! Il regribouilla alors 800 carreaux supplémentaires avec une teinte plus rose que celle utilisée pour les outils et véhicules de communication multimédia. Un vrai feu d’artifice !

Quand l’ange arriva au dessin du pied du champignon avec quelques fines ramifications qui le relient au sol, il inscrivit le chiffre « 6 » : 6 milliards de dollars, c’est ce que les humains terriens dépensent pour l’éducation de leurs enfants. Soit cent trente fois moins que pour faire la guerre.

Juste au-dessus apparaît sur treize carreaux gribouillés en vert le chiffre « 13 » : les 13 milliards de dollars dépensés pour les besoins nutritionnels et sanitaires de base par les humains. L’ange s’autorisa une petite annotation en marge de la zone verte de son dessin : 2 milliards d’humains sur 6 milliards dépensent moins de deux dollars par jour pour survivre.

En prenant du recul l’ange fut surpris par son dessin : « cela ressemble à une explosion atomique, mon champignon ! » déclara-t-il. Le champignon du choix des humains terriens pour cette forme particulière de l’échange qu’est le marché ! Voilà qui fera impression pour introduire mon rapport d’étape à l’observatoire de la conscience universelle, se félicita l’ange.

Aristote et Homère

En constatant que les humains avaient fait de l’économie une machine autonome, libérée de la morale et de l’éthique, pour donner une priorité à la relation des hommes aux choses plutôt qu’à la relation des hommes entre les hommes, l’ange se souvint de sa conversation avec un dénommé Aristote lors d’un de ses précédents voyages vingt siècles plus tôt. C’est la qualité des anges que de savoir se déplacer instantanément dans l’espace et dans le temps.

— « En transformant les productions de biens indispensables à la vie et utiles à la communauté, en production de biens tournés vers le gain, il n’y a plus de limite à la richesse et la propriété » lui avait dit ce vieil homme considéré à son époque comme un sage. La prophétie d’ Aristote s’était donc réalisée, et sous les yeux de l’ange la marchandisation du monde des terriens allait bon train ! Et comme toute prophétie en appelle une autre, l’ange se rappela d’une vision prospective encore plus lointaine que lui avait confié un dénommé Homère, un habitant de la Grèce vingt cinq siècles auparavant :

— « Le monde sera un jour peuplé de demi-dieux (ou de dieux mortels) vivant au-delà des nuages, manipulateurs de signes et de symboles se faisant la guerre entre eux, tandis que la multitude des humains soumise sera en prise avec la dure réalité de la survie » avait dit le philosophe grecque !.

Encore une prophétie réalisée, s’exclama l’ange, en contemplant l’image de son champignon de particules virtuelles appelées signes monétaires par les hommes sur son cahier d’écolier. Il inscrivit alors en haut du champignon le nom de ces 225 plus grosses fortunes du monde qui en l’an 2000 avaient un revenu équivalent, en signes monétaires, à la moitié de la population de la planète Terre.

Il aurait à rendre compte à l’assemblée des autres anges évaluant l’évolution de la conscience de l’Univers, de la véritable nature de ces demi-dieux, manipulateurs de signes et de symboles loin de la réalité des autres hommes ! Il choisit d’observer trois d’entre eux, les plus riches du monde, possédant une fortune dépassant celle des produits intérieurs bruts cumulés des quarante-six huit pays les plus pauvres.

Le vent du Sud

Perché tel un oiseau à l’écoute de sa quête sur la statue du veau d’or coulé avec des lingots au sommet de l’immeuble de la Fédération mondiale des Banques dominant le désert de l’Arizona, notre ange fut interpellé soudainement par une rumeur portée par les vents du Sud. Remonter le vent n’est pas une difficulté pour un ange. D’un coup d’aile le voilà quitter Las Vegas pour planer autour d’une ville appelée Porto Allégre, habitée d’un curieux tumulte. Une rencontre planétaire de tous les citoyens du monde, quelle belle opportunité pour un ange en quête de comprendre où en était la conscience des humains-terriens devenu si étranges avec leur religion de l’argent ! Des paysans sans terres revendiquaient le droit des peuples à se nourrir eux-mêmes. Un groupe commentait dans un coin la concentration du pouvoir des médias aux interêts entremélés avec ceux des marchands de canon. Un autre groupe s’offusquait des brevets sur la vie, notamment avec les OGM, organismes génétiquement modifiés. D’autres groupes réclamaient le droit à la vie, à la dignité, pour sortir de la survie et parlaient de partage. Tous critiquaient la concentration des pouvoirs, les conditions inégales d’un libre-échange que les demi-dieux voulaient imposer à tous dans ce qu’ils appelaient le « village planétaire ». L’ange pris des notes sur le rôle du FMI (fond monétaire internationale) sur le remboursement de la dette des pays pauvres. Il l’assimila à une sorte de Force Militaire d’Intervention internationale dans le monde virtuel de l’argent pour l’expliquer aux autres anges..

Pour un ange venu d’ailleurs, quelques milliers de personnes c’est bien marginal ! Mais quand on est un ange, on sait aussi que c’est dans ce genre de creuset d’échanges réciproques que naissent d’autres visions et d’autres regards sur soi-même, d’autres prises de conscience. L’ange rajouta à son dessin de champignon des petits points minuscules en couleur bleue, comme pour désigner des germes de nouvelle conscience. Car il entendait déjà les questions des autres anges : « Que se passera-t-il sur la planète Terre quand ton explosion atomique du marché aura épuisé, comme tout incendie, tous ses combustibles ? » Les anges le savent bien : le capital monétaire évolue toujours de manière inverse à celui du capital social ! L’explosion de l’un, c’est l’implosion de l’autre ! Alors quand on est un ange expérimenté, on sait que c’est là où croit le péril qu’il faut aller chercher ce qui sauve !

L’ange su alors qu’il était au bon endroit pour pousser plus loin son investigation. Et dans ce genre d’ endroit, on trouve toujours des personnes qui en matière de prise de conscience progressent plus vite que les autres ! Les anges les repèrent vite, question de métier d’ange !

La dynamique de l’explosion

Dans la foule de Porto Allègre, l’ange eut une conversation à part au coin d’une rue avec un certain René Passet. Il lui montra son dessin de champignon nucléaire. Celui-ci ne fût point étonné. Il approuva son dessin parce que, dit-il , toute la « construction sociale de la réalité » à laquelle se réfère la science économique, autonome et hégémonique, ne puise ses repères que dans les sciences de la physique et de la thermodynamique et non dans les sciences de la vie ! Il rajouta que la surface de son champignon (sur 25 000 carreaux) aurait été six fois moins grande déssinée trente ans auparavant. Et que l’excroissance du chapeau s’était nourrie d’une croissance de 22 % des revenus du capital, tandis que la réduction du pied s’était faite conjointement à une réduction de 17 % des revenus du travail. L’ange comprit que son dessin de champignon avait été une bonne idée. De sa conversation avec René Passet, l’ange retint que la dynamique de l’explosion nucléaire avait été accélérée ces trente dernières années par un partage insuffisant du travail libéré par les robots, créant l’insolvabilité, comme par d’importantes spéculations sans création de richesses réelles.
- « Cette révolution technologique centrée sur l’information aurait du nous faire – prendre conscience – du franchissement historique d’un nouveau seuil, de la transformation des mécanismes de la régulation et des moteurs de l’évolution ! » conclut ce professeur d’économie à la Sorbone qui avait compris qu’il avait affaire à un ange . Une autre conversation avec un certain Bernard Marris, lui aussi économiste (« Ah Dieu, que la guerre économique est jolie » Albin Michel), confirma à l’ange que le Capitalisme était devenu une machine infernale sans limite et sans but , pour broyer dans ses rouages à extraire du profit : toutes les activités humaines. Un certain Ricardo Petrella, ancien directeur du programme de prospective de l’Europe, inquiet de l’épuisement des ressources de la Terre en eau potable, lui parla du danger de la marchandisation du savoir et de la connaissance par les demi-dieux siégeant au tribunal de l’OMC, l’organisation mondiale du commerce.

— Après la privatisation des services publics, est-ce la nouvelle étape déterminante de l’explosion atomique des signes monétaires, lui demanda l’ange en lui montrant son dessin de champignon tout en couleur ? Dans la foule, l’ange remarqua un paysan fumant sa pipe qui lui tint le même langage à propos de l’agriculture et de la culture. Notre ange compris que ce que les hommes avaient appelé l’alliance du Progrès et de la Science au moment de la Révolution des Lumières, était devenu Techno science au service des demi-dieux, au détriment de la Conscience. Tous les anges savent que lorsque les divinités de la Puissance asservissent les divinités de la Connaissance, toutes les portes sont ouvertes aux visions totalisantes et totalitaires qui se réclament toujours du jeu binaire de la guerre du Bien et du Mal. Et cela les anges, ils n’aiment pas du tout. Parce qu’ils savent par expérience que la Vie n’y échappe pas ! Et sans le cadeau de la vie, comment peut-il y avoir une vie pour la Conscience ? Le débat des anges sur l’évolution de ce petit coin de l’Univers promettait d’être animé !

Le départ de l’ange

En s’envolant pour d’autres planètes, l’ange dans son vol laissa tomber des milliers de plumes. C’est une pratique bien connue chez les anges. Sur chaque plume était déssiné un dessin de champignon aux multiples couleurs que, dans un grand rire, l’ange avait photocopié à l’envers ! Des hommes en ramassant ces belles plumes crurent reconnaître le dessin d’une poire colorée par un enfant. Et dans de multiples endroits comme à Porto Allègre, des groupes se mirent à échanger et à imaginer ce que serait un monde où les budgets militaires seraient affectés du chiffre « 6 » et l’éducations du chiffre « 800 » (800 milliards de dollars). La où la réciprocité des échanges fut suffisante pour faire émerger de la pensée et de la conscience, apparut avec bon sens que de produire de l’humain et construire une pensée citoyenne responsable , devenait en tout lieu un préalable nécessaire à la production de la marchandise. N’est ce pas pour voiler les évidences que les demi-dieux ont horreur des anges ? Le mot éducation trop connoté de transfert de connaissance, fut remplaçé par « chemin personnel ouvert à la conscience » et libre échange par libre conscience. Travailler simultanément sur le rapport à soi (réconciliation), le rapport aux autres et le rapport au collectif , n’est-il pas (les anges le savent bien !) affaire de conscience ?

La reconstruction

L’espace laissé vacant entre l’entreprise et la famille devint le moteur d’un nouveau type d’activité choisie le plus souvent associative et de reconnaissance, nourri de conscience. Que d’économies réalisées sur les budget de la peur et de l’insécurité qui avaient nourris la croissance ! L’ampleur des catastrophes ( sociales, écologiques et financières) finirent par convaincre les plus septiques. Un champ associatif d’économie plurielle et solidaire reconstruit par le bas une société en dérive pour fonder une nouvelle anthropologie du genre humain dans ce petit coin de l’Univers.

 

Comme chacun se mit à dialoguer avec son ange, plus personne ne voulut « perdre sa vie à vouloir la gagner ». Si un tel miracle improbable était survenu, ne le devons nous pas en partie à la communauté des anges ? Francois Plassard janvier 2003.

fplassar@club-internet.fr

Mis en ligne le 14 janvier 2003 par Daniel Delarasse (temps passé : 30 minutes ) et remis en page le 20 avril pour une plus grande lisibilité …(classé dans les textes les plus lus…)

Retrouvez ce texte sur le dernier livre de François Plassard : La vie rurale enjeu écologique et de société Propositions altermondialistes aux éditions Yves Michel

à découvrir sur le site des éditions Yves Michel : http://www.souffledor.fr

 

Tous nos remerciements à François Plassard et à Daniel D. octobre 2018

J’espère que vous serez arrivez au bout et que vous nous direz ce que vous en pensez.

11 octobre …Et si l’on se disait TOUT…Etranger à l’instant…

En sortant du cadre familier qu’est le notre, et j’en passe et des meilleurs encore, je suis totalement étranger à l’instant présent.

Il me suffira d’un rien pour sortir totalement du cadre car en ce moment tout se bouleverse d’ailleurs la pluie revient en silence et par intermittence et arrive même à noyer des voitures et leurs occupants dans un silence total.

Et moi et moi , comme disait notre ami Dutronc… Alors on continue à écrire coûte que coûte et d’ailleurs sans aucun scrupule , comme Albert Dieu d’ailleurs qui joue les intrépides  en écrivant chaque jour, juste pour faire passer le temps et surtout des jours entier , comme cla , sans voir rien à dire d’intéressant.

Et voilà, ce sera cela la Vie jusqu’au bout des jours, avec ou sans soleil, après tout on s’en fout royalement , comme disait Louis XIV, du moment qu’il nous reste du vin, de la bière, du rhum et des femmes NON de NON….!

6 octobre…Et si l’on se disait tout sur les pieds…

Et pourquoi pas …!
Mais alors je vous assure que deux pieds à gérer c’est déjà beaucoup plus compliqué quand même.
Alors ce sera simple pour apprendre à marcher il vous suffira de mettre un pied devant l’autre et de recommencer et à coup sûr, là ça y est vous serez prêt à faire le tour de la terre si cela vous en dit bien sûr !
Bien sûr tous les avatars de la vie sauront vous rattraper, que ce soit la célèbre entorse ou au pire le pied cassé… Imaginez un peu ce qu’il pourrait vous en coûter ?
Bien entendu on en a dit des choses sur les pieds et avoir un bon pied bon oeil pourra vous sauver des pires situations envisageables. Ce qui compte quand même ce sera de s’en servir à bon escient pour aller à la découverte des mille et une merveille de ce monde et cela jusqu’aux derniers jours de votre vie.
Alors bonne marche et surtout Bon marché quand vous y allez….A pied bien sûr…!
Atelier d’écriture du 4 octobre 2018.
Par Daniel D.

4 octobre 2018…Et si l’on se disait tout en Esperanto…! Bonan Tagon…!

Juste à propos de cette magnifique langue internationale, équitable et surtout langue de Paix entre les peuples de la Terre.

Ce sera aussi un hommage à cet ami d’enfance de la famille, Norbert Barthelmess qui nous rendait régulièrement visite à toute la famille. C’est lui qui nous a initié à la philatélie et aux connaissances géographiques de la planète.

Les langues étaient très importantes pour lui, d’origine allemande de Dusseldorf il vint en France vers 1930 , apprend le français et très vite se met à l’Esperanto, ce qui le sauvera certainement pour ses relations internationales. Il participera à tous les congrès et travailla de longues années à SAT-Amikaro.

Bien sûr , un livre ne suffirait pas à raconter sa vie…Il termina ses derniers jours à Bry sur Marne dans une maison de retraite…Je lui rendis visite lors de ses derniers jours.

Si vous voulez en savoir plus sur lui, sur l’Esperanto .

Faites des recherches et visitez le site: https://esperanto.net/fr/

Et à bientôt pour de nouvelles histoires « VRAIES »