27 septembre…Histoire de S.E.L.

On peut tout se dire, avec le temps…!

En route pour le F.S.E. à Florence…

 

Pour nous rendre à un atelier du premier Forum Social Européen, nous sommes dans le bus qui va de Florence au village de Calenzano.

Je tente de satisfaire la curiosité de mon voisin de banquette, qui est hollandais. Au milieu des bruits du car et des conversations voisines, alors que je suis absorbé par la contemplation des cultures en terrasses et des charmantes chapelles perchées sur les collines à l’entour, il m’adresse à brûle-pourpoint la parole en anglais, tout en mâchant son chewing-gum.

Il me pose sans doute une question sur mon origine et mon appartenance à un système d’échange non monétaire. A son évolution.

Chacun de nous ne voit-il pas ce qu’il aime, ce qu’il désire ou au contraire ce qu’il redoute ; et n’a-t-on pas parfois tendance à répondre aux questions qu’on se pose plutôt qu’aux questions qui nous sont posées ? de zapper de ce qu’on aime à ce qu’on redoute ?

Aujourd’hui, donc, je vous livre …un monologue.

Mais j’espère que demain, nous poursuivrons par de vrais dialogues, entre nous.

Cela peut commencer comme cela en 1997…ou même bien avant …. <<<<<<<<

J’habite une ville moyenne, environ 35000 habitants, dans les Alpes du Sud .

Oui, j’appartiens à un système d’échange local. En 1997, je l’ai fondé avec deux amis en galère.

C’était au temps où de nombreux français prenaient au sérieux, au tragique même, la fracture sociale. Beaucoup en parlaient. Moins nombreux étaient ceux qui voulaient tenter de colmater la brèche… Et les associations caritatives semblaient à quelques uns une réponse inappropriée. D’un côté, de gentils donateurs  ; de l’autre, de pauvres assistés ; s’enlisant de plus en plus dans leur état d’assistés. Que faire ?

Non pas pour eux, mais avec eux !

Oui, Henck, d’abord, donc, tous les trois.

Nous savons ce que nous avons donné à notre BELLE, la Bourse d’Echange Locaux Libres et Equitables.

Comme des chevaux sur un chemin de halage. … et tout suivait. Tous suivaient !

Pendant trois ans, c’était le succès. Les services sociaux nous auraient bien vu faire leur travail…

Oui, mes deux amis en galère s’en sont bien sortis. Créer et animer la BELLE leur a donné une autre image d’eux-mêmes. Ils ont repris contact avec les choses et avec les gens. Ils se sont personnellement transformés, par interactions avec le groupe. Et évidemment par interactions, le groupe s’est transformé. Donc un petit peu la société.

Ce qu’ils sont devenus ?

Ils ont aujourd’hui du boulot. Fondé une famille. Trois enfants.

Ils volent de leurs propres ailes, maintenant, loin de notre ville.

Il faut prendre au sérieux ceux qui affirment que chacun devient peu à peu conforme au regard qui est porté sur lui.

La BELLE ? Non, un peu moins nombreux aujourd’hui.

Tu dis que c’est dans la nature des choses ? Que toute fleur passe par un état optimal puis décline et se flétrit ? Que les organisations sont soumises à cette loi de la vie ?

Mais je te dis – écoute-moi bien – que nous avons cédé volontairement la place, pour que tous ceux qui se présentaient au CA en janvier 2000 puissent y siéger ! Ces adhérents, faut bien qu’ils prennent de l’expérience, des responsabilités !

Non , Henck, je ne crois pas ; tu me sembles bien pessimiste.

Ils ont commencé, sur mon conseil, par réviser les statuts ; le CA est maintenant un comité d’animation, collégial. Il n’y a plus de président. Tout adhérent peut assister aux réunions du CA. J’y assiste souvent. Les fonctions ne sont plus fixées pour l’année.

En effet, les tâches sont réparties entre les volontaires, pour la durée de la tâche.

Ce mode de fonctionnement ?

à mi-distance entre les extrêmes, qui sont pour nous la dictature du volontariat …et le bordel complet ;

on cherche en bordure du chaos ; en cette zone de créativité maximale…

c’est pas facile de s’y maintenir ; c’est comme sur un chemin de crêtes.

Il nous permet de progresser vers une démocratie participative, oui , et continue.

Mais nous avons perdu en efficacité. Et en effectifs.

Tu dis, Henck, que le mode d’organisation, et même le fait que nous nous soyons mis en retrait n’y est pour rien… que même s’il s’agit d’une jeune association, après l’apogée vient le déclin ?

Qu’il vaut mieux ne pas essayer… faut passer à autre chose ?

Tu me rappelles en effet quelque chose : De Gaulle a dit que… il faut lâcher les choses avant qu’elles ne vous lâchent ; il aurait d’ailleurs bien fait de le mettre en pratique.

Tiens, Henck, nous sommes arrivés !

>>>>

Voici ma première contribution. Volontairement succincte. Et un peu impressionniste.

Est-ce qu’elle vous inspire des réflexions
- concernant le peu que je vous ai raconté de mon expérience ?
- concernant votre propre expérience ?

Avez-vous envie de me poser des questions ? Voulez-vous connaître la suite ?

Cette liste est la vôtre. Ce débat est le vôtre.

A très bientôt !

Amitiés,

Jean-Paul, Gap.

Un grand merci à mon ami Jean-Paul de Gap….!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s